L'histoire du skate:

Le skateboard fut inventé par deux surfeurs californiens (Mickey Muñoz et Phil Edwards) en 1961.


Tout débute dans les années 50 en Californie quand des amateurs de surf fixent des roulettes à de petites planches. Il faut attendre 1962 pour voir la fabrication des premières planches aux États-Unis. Onze ans plus tard, un nouveau palier essentiel sera franchi avec l'apparition de roues en «uréthane». Plus silencieuse et surtout plus sûre, cette innovation va définitivement enterrer le «roll-surf». On parle dès lors de skateboard. Des stars tels que Natas Kaupas (inventeur du Wall ride) ou Mark Gonzales voient très loin : les mains courantes, les rails, etc. Ils poussent leurs boards dans une nouvelle direction, plus folle. La pratique reste essentiellement urbaine, mais cette fois les skateurs utilisent au maximum la configuration de la ville. Si cette époque fait l'apanage de l'utilisation des rails, la nouvelle génération de la fin des années 1980 montre également son niveau sur des gaps : des sauts d'espaces, de marches. La discipline s'étant un peu essoufflée, l'innovation, facteur très important, est plus que jamais à l'ordre du jour. Parallèlement, la pratique sur des rampes a de plus en plus de succès, devenant très vite à la mode.


Apparaissent Mike Carroll, Colin McKay, Salman Agah, des skateurs aujourd'hui moins médiatisés que des skateurs comme Tony Hawk, mais toujours en activité. Entre 1992 et 1995, le skate met l'accent sur la technique, abandonnant quelque peu le côté esthétique. Cette époque verra l'émergence de centaines de nouveaux tricks : des flips , se créent et s'améliorent, on invente le switch (le fait de pratiquer avec la jambe opposée à celle d'appel, à l'envers en quelque sorte). Rodney Mullen est sans doute celui à l'origine du skate moderne, c'est lui qui a inventé le kickflip, et une vingtaines d'autres figures, on lui doit beaucoup pour tout ce qu'il a fait dans le skate. L'apparence du skateboard a elle aussi évolué. Celui-ci présente dorénavant des roues minuscules et des planches dites « allumettes ».


D'un autre côté, peut-être dans une recherche implicite d'unité, les skateurs commencent à adopter un style propre, plus ou moins inspiré de la mode des surfeurs. Cette époque est appelée big pants, small wheels (« grands pantalons, petites roues »). Après ces quelques années passées à parfaire leurs tricks (figures), les skateurs — imitant des stars comme Pépé Martinez— reviennent à leurs premières amours, s'emparant plus que jamais de la rue. Une nouvelle fois, les gros gaps et les handrails sont mis à l'honneur, couplés cette fois-ci à la toute nouvelle technique. Si la rampe, très à la mode dans les années 1980, semble se marginaliser au début des années 1990, celle-ci voit finalement se dessiner un ciel radieux. C'est l'époque, de Danny Way (considéré par certains comme le « plus grand ramprider de l'Histoire » ou encore le « maître de la vert' »), mais aussi de Rune Glifberg, Bucky Lasek, Tony Hawk, John Cardiel, Tony Trujillo, des célébrités ayant donné le goût de la « courbe » à des centaines de skateurs. L'année 1998 verra le début du festival Jamie Thomas —du nom de son créateur, un skateur qui créa également la marque Zero Skateboards- toujours en vogue aujourd'hui. Cette époque marquera également le début de la fin pour la multinationale du skateboard, « Powell Peralta ». À partir de cette époque, et aujourd'hui encore, plusieurs styles différents se sont dégagés : skateurs techniques, fonceurs, etc. Aujourd'hui, la question qui se pose est de savoir ce qui compte le plus dans la discipline : le style ou la performance ? Cette question est encore moins évidente qu'il n'y paraît. En effet, si certains considèrent la pratique technique comme peu esthétique, d'autres au contraire ne peuvent concevoir technique et style séparément. Heureusement, aujourd'hui, cette question est plus source de diversification que de discorde.